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Sécurité

Une alerte affirme que votre PC est infecté : le numéro à appeler est parfois le vrai piège

Un écran rouge, un son insistant et un message qui promet la perte de vos fichiers : la page ressemble à une urgence informatique. Elle vous demande d’appeler un numéro. C’est parfois précisément ce que l’escroc attend.

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Un écran rouge, un son insistant et un message qui promet la perte de vos fichiers : la page ressemble à une urgence informatique. Elle vous demande d’appeler un numéro. C’est parfois précisément ce que l’escroc attend.

L’arnaque au faux support technique exploite la peur d’une panne pour faire entrer une personne dans une conversation contrôlée par le fraudeur. Cybermalveillance.gouv.fr décrit notamment des pages qui imitent une alerte grave et poussent à contacter un prétendu service officiel. Le message peut sembler bloquer l’ordinateur sans être un diagnostic de votre antivirus.

L’apparence d’une alerte ne démontre pas l’infection

Une page web peut afficher un logo, passer en plein écran, jouer un son et présenter une fenêtre alarmante. Ces effets ne lui donnent pas accès à un bilan fiable de tous vos fichiers. Ils cherchent à rendre l’instruction difficile à discuter : appeler, payer, installer.

Le premier réflexe consiste à ne pas utiliser le numéro affiché. N’installez pas non plus le logiciel proposé et ne communiquez aucun code reçu par SMS. Si vous avez besoin d’aide, retrouvez vous-même les coordonnées d’un support connu depuis son application, sa documentation ou un contrat existant.

Ce contrôle vaut aussi lorsqu’un interlocuteur appelle directement en prétendant représenter un éditeur. La conversation entrante n’établit pas son identité. Un nom de marque connu et un discours technique ne constituent pas une vérification.

Il faut néanmoins éviter l’erreur inverse : une fausse alerte ne prouve pas que le poste est sain. Elle permet seulement de dire que cette page n’est pas une preuve suffisante d’infection. Un téléchargement ou une prise de contrôle déjà réalisés changent la situation.

Fermer la page, sans suivre son « dépannage »

Essayez de fermer l’onglet ou la fenêtre avec les commandes normales du navigateur. Si la page empêche cette action, utilisez les moyens habituels du système pour fermer le navigateur. Évitez de cliquer sur les boutons de l’alerte pour chercher la sortie : ils font partie du contenu suspect.

À la réouverture, ne restaurez pas automatiquement la session qui contenait la page. Vérifiez si une notification revient alors que l’onglet a disparu. Certains sites obtiennent l’autorisation d’envoyer des notifications de navigateur ; leur présence sur le bureau peut leur donner une apparence de message système.

Dans ce cas, consultez la liste des autorisations de notifications du navigateur et retirez celle du site inconnu. Le chemin dépend de la version et du navigateur. Il ne s’agit pas de désactiver toute protection ni d’ajouter le site à une liste d’exceptions de sécurité.

Le risque augmente quand vous accordez un accès

L’appel peut conduire à installer un outil de contrôle à distance. Un tel logiciel peut avoir des usages professionnels légitimes. Le problème est de donner la main à une personne dont vous n’avez pas établi l’identité et le mandat.

Si vous l’avez fait, interrompez la session distante et déconnectez le poste du réseau si nécessaire pour arrêter l’accès. Depuis un autre appareil de confiance, contactez le véritable support ou votre service informatique. Ne poursuivez pas le « nettoyage » avec l’interlocuteur suspect.

Notez ce qui a été réalisé : logiciel installé, durée de l’accès, comptes ouverts, paiement éventuel et informations communiquées. Gardez les éléments utiles, sans retourner volontairement sur la page dangereuse. Cette chronologie aide à choisir les mesures appropriées.

Une connexion bancaire ouverte pendant la session ou un code transmis demande une réaction spécifique. Contactez rapidement votre banque par un canal habituel pour expliquer la situation et demander les mesures adaptées. Ne laissez pas l’escroc vous guider vers une nouvelle procédure présentée comme un remboursement.

Si des mots de passe ont été divulgués, changez-les depuis un appareil de confiance et examinez les sessions actives selon les possibilités du service. Pour une machine professionnelle, signalez l’incident avant toute réinstallation improvisée : elle pourrait faire disparaître des éléments utiles au diagnostic.

Quelques minutes gagnées valent mieux qu’un faux dépannage

Vous pouvez préparer une réponse avant de rencontrer l’alerte : coordonnées du support enregistrées ailleurs, système à jour et copies de fichiers dont la restauration a été vérifiée. Ces précautions ne rendent pas l’arnaque impossible ; elles réduisent la pression à agir dans la panique.

La phrase « n’éteignez surtout pas votre ordinateur » ne doit pas devenir une consigne incontestable parce qu’elle apparaît en grand. C’est précisément l’urgence imposée qui mérite d’être interrompue.

Une page vous ordonne d’appeler pour sauver vos fichiers ? Prenez le temps de sortir de son scénario avant de chercher de l’aide.

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Juliette Pierre

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